Mercredi 14 janvier 2009 3 14 /01 /Jan /2009 18:43

 

Article dédié à tout les Kinésithérapeutes qui le liront. Ils ont des clients qui les attendent entre les 2 Tropiques.

 

Prenons une Carte du Cameroun, l’IGN par exemple (c’est la seule qu’on peut trouver, aussi) et regardons plus spécialement l’iconographie routière. Avec notre bon regard d’Européen, Gros Trait rouge= Nationale 4 voies, Trait rouge Moyen = 2 voies goudronnée, Gros Trait jaune = départementale goudronnée et le reste à l’avenant…. Erreur !

Sur place, la situation se révèle nettement différente !!, Alors, on reprend : Gros Trait rouge= 2 voies goudronnée, Trait rouge Moyen =  piste en terre fréquentée relativement entretenue (notez le « relativement », très important), Gros Trait jaune = piste en terre aléatoirement entretenue, Trait noir= Piste réservée au Camel Trophy et autres compétions d’aventuriers…

Comme noté dans l’article ci-dessous (et pas ci-dessus, on est sur un blog, par un roman), les routes goudronnées, qui relient les villes principales (capitales de province ou villes présidentielles), sont relativement bien entretenues (Merci Colas Afrique) et ne présentent pas de danger particulier pour vos amortisseurs et votre colonne vertébrale. Il faut juste faire attention aux véhicules en panne sur le coté et à ceux qui doublent dans les virages ou en haut des côtes. En somme, rien que de bien tranquille.

Si vous envisagez de voyager du Sud au Nord du Cameroun, ou de voir autre chose que les centres-villes de Douala et Yaoundé, oubliez la superbe Berline 407 (y en a !) que vous a proposé le Loueur et optez plutôt pour le pick-up – Char d’assaut qui se trouve à coté (pour celles qui lisent Cosmopolitan et pas l’Auto-Journal, un pick-up, c’est un vrai 4x4 avec une grande caisse à l’arrière pour mettre les affaires, très moche, très lourd, très polluant mais passe partout, quasi-introuvable en France) et emportez le joli fût Total qui traine au fond du garage. En effet, dés que vous allez sortir des grands axes, il vous sera difficile de trouver une station service, même par hasard (par contre à la sortie de Douala, vous avez le choix, en moyenne une tous les 500m !).

La piste Africaine, c’est tout un Art. Malheureusement c’est comme l’ Art Moderne, ce n’est pas facilement accessible, ca peut choquer et c’est un peu brut. D’abord, oublier le Code de la Route laborieusement appris en France et qui ne sert plus à rien et réapprendre quelques règles de base :

1 Quelques soit sa largeur et même si la piste est à peine plus large que votre voiture, elle est toujours à double sens. Donc être prêt à tout. Les bords n’étant pas dégagés et les virages encore moins, derrière chaque tournant, peut surgir, à quelques mètres de votre capot, un camion (coup de frein, direction le fossé), un bus rempli (on le rase), une moto (elle à qu’a se pousser), une chèvre (une chèvre ?, ou ça une chèvre ?)…

2 Le plus fort à raison. En clair, on dégage en vitesse et on se met dans le fossé dés qu’on voit un grumier (pour celles qui lisent toujours Elle, c’est un camion chargé à bloc de troncs d’arbre ; environ 60 tonnes, 4 à 5m de large, lancé à 60 km/h ca fait très mal ! les Matheux feront le calcul de l’énergie induite, abstraction faite des frottements).

3 Il n’y a ni voie de droite ni de gauche. En fonction des trous, des cratères et des crevasses (ca peut être pire que la Mer de Glace !), la meilleure route évolue continuellement d’un bord à l’autre, inutile de s’acharner à rester à droite. Il ne sert à rien non plus d’essayer d'éviter les obstacles, car éviter le trou à droite, c’est tomber sur la crevasse de gauche, Charybde et Scylla ont du se reconvertir dans le BTP africain depuis Homére. Il est aussi illusoire de compter sur un rebouchage des trous avant votre arrivée. Les moyens techniques des arrondissements étant notoirement limités, ceux-ci préfèrent compter sur la lassitude du seul entrepreneur du coin qui en aura marre de se prendre des bosses et qui rectifiera la route à ses frais. Cela oblige à constamment garder le regard 10 à 20 m devant le véhicule en restant concentré sur la conduite pendant toute la durée du trajet (même pour changer la K7, il faut s’arrêter totalement au risque de partir au fossé ! je sais, j’ai essayé)

4 Dépasser est Toujours la bonne solution. Quelque soit l’endroit (dans un virage, en cote…) il vaut mieux être devant les problèmes (dérapages, pièces qui tombent, poussières, gravillons…) que derrière, donc coup de klaxon et on passe.

5 Dés qu’il pleut, la piste se couvre d’une couche plus ou moins épaisse de boue liquide. C’est le moment de prouver que le patinage artistique ne sert pas qu’à occuper l’écran de télévision mais aussi à éviter les fossés. Braquage et contre-braquage au petit-déj’ ! Quand il fait sec, c’est pas mieux, le nuage de poussière dégagé par le véhicule qui vous précède (on vous avait dit de doubler !) ou par celui que vous venez de croiser peut être suffisamment imposant et opaque pour occulter totalement la route et vous empêcher de voir les trous, le tournant ou les camions qui arrivent à seulement 10m !

6 La priorité n'est ni à droite à gauche mais à celui qui la prend. En général, le plus fort/le plus rapide. En cas de doute, relire l’article 2.

7 La vitesse et le klaxon sont LA solution. En cas de doute, relire l’article 2, 4, 6.

8 Ne comptez pas sur les reflexes des autres. Tous les conducteurs Africains se prennent pour Sébastien Loeb mais ils n’ont ("heureusement" ou " malheureusement") pas la 307WRC, donc leurs réactions peuvent surprendre. En général, les véhicules que l’on croise, sont,  à quelques notables exceptions prés, dans un état de (j’hésite entre délabrement et décrépitude) avancé, leur interdisant de rattraper un bon coureur à pied, cela limite d’autant les risques et facilite les opérations cités aux articles 4, 6, 7.

9 Vos amortisseurs sont vos amis. A raison d’une bonne moyenne de 40 km/h dans un véhicule récent, si vous envisagez le moindre trajet d’importance, votre dos risque de souffrir pendant un moment. Rien de mieux qu’un petit Sangmelima-Djoum (110 km, 2h30) pour bien se tasser la colonne vertébrale et perdre les 2cm de hauteur chèrement acquis en mangeant de la soupe.

10 Il n’y a pas de règles. Chaque kilomètre est différent. Et c’est bien ca l’Intérêt !

Ma société ayant préféré ne pas mettre tous ses arbres dans le même panier, je m’occupe de l’exploitation de 2 chantiers, situé l’un à 35 km de l’Usine de Djoum et l’autre à 120 km de pistes défoncées ! Je m’enfile, bonne semaine, mauvaise semaine, environ 1200 km à raison de plus ou moins 4 h/jour dans un pick-up, heureusement en bon état (quoique de moins en moins avec le temps) qui m’a permis de limiter ma perte de taille mais dés 6h du mat’ ce n’est pas toujours facile à encaisser.

Pour ceux qui aiment le BTP, construire une route en Afrique est relativement basique dans la définition (dans la réalité c’est beaucoup plus compliqué) :


-          On enlève (au Bull) les arbres qui gênent. Sur 10-15 m de large pour une petite route qui sera peu utilisé ou abandonnée, Sur 40 à 50 m si c’est une route définitive. Cela permet l’ensoleillement de la piste et son séchage plus rapide après les pluies.

-          Le Bull décape un peu le terrain, histoire d’enlever les plus grosses bosses. Cela permet d’enlever la terre arable, très molle et de découvrir l’argile qui se prête mieux à la création des routes.

-          La Niveleuse passe un coup, pour faire un joli bombé à la route, que l’eau ne stagne pas trop dessus en cas de pluie.

-          Une benne arrive depuis la carrière la plus proche pour déposer une couche de 5 à 10 cm de Latérite. (il s’agit d’un minerai ferrugineux typique des climats tropicaux, espèce de gravier rouillé, qui à la propriété très intéressante de durcir efficacement les pistes et de les faire sécher rapidement en période de pluie. Son utilisation sous les latitudes tropicales donne aux pistes une couleur rouge très particulière). Si c’est votre jour de chance, votre route passe sur une zone de latérite et c’est déjà fini, sinon, il faut continuer.

-          La Niveleuse repasse pour étaler la latérite et donner un bon fini à la route.

-          Les bennes chargées passent et repassent pour damer la piste.

-          Vous attendez, en théorie, 2 à 3 mois (en pratique 3 jours, on est un peu pressé en forêt) que ca sèche bien et vous pouvez envoyez les grumiers tout détruire !

-          1 an après vous recommencez à partir de l’étape 3.



Le passage répété des grumiers (un camion chargé qui passe = env. 2000 véhicules légers) défonce complètement la route creusant de profondes ornières et démolissant le joli bombé que vous espériez garder. Les trains de remorques finissent par créer la fameuse « Tôle Ondulée » (dizaines de micro-bosses très rapprochées occupant toute la largeur de la piste sur plusieurs dizaines de mètres) extrêmement destructrice pour les véhicules.

  

Par Aldric - Publié dans : Forêt
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Dimanche 9 novembre 2008 7 09 /11 /Nov /2008 17:04


A l'amont du Site, je suis chargé d'amener à la Scierie son pain quotidien. J'ai donc la responsabilité de l'Exploitation forestiere, la creation des routes en forêt, le roulage, etc...Boulot interessant, motivant mais tres prenant: 

Lever 5h,
avant l’aube,  gros petit déj’ car le prochain repas est dans 13h ! Quand on à de la chance beurre + lait sinon pas-beurre plus eau chaude (c’est pas bon !). Le pain vient de Yaoundé et visiblement les boulangers (Grecs !) savent sans doute faire les pâtisseries mais pas la boulangerie. Seul avantage de ce pain là : il ne sèche pas et peut se conserver 1 ou 2 semaines.

6h,
A l’heure où blanchit la forêt, départ pour la scierie. En passant par le centre du village, mise au point avec le chef des transports pour savoir sur quel chantier le bois va être roulé aujourd’hui (roulage : opération de chargement des camions avec le bois abattus dans la semaine et envoi des camions chargés à l’Usine). Si les 2 chantiers sont roulés, répartition des camions pour éviter qu’ils nous échappent ( ca arrive…), prévision de chargement pour la journée…


6h30

, Arrivée à la Scierie, annonce des problèmes, mise à jour des chiffres de production, petit travail de bureau… En général aussi, découverte d’un ouvrier qui traine et qui aurait déjà du être parti au chantier en forêt depuis ½ heure, écoute de l’excuse plus ou moins bidon (je suis malade, ma mère/tante/belle-sœur/sœur/nourrice/une amie… est décédée, je dois faire une demande de prêt…), CCA…

(là c'est mon bureau)


7h

Arrivée des ouvriers de la Scierie et du garage, préparation des pièces qui doivent emportés en forêt pour être remontés sur les engins. Suivi d’une course d’orientation à la recherche d’un chauffeur (j’en ai un habituel, mais il disparaît toujours quand on à besoin de lui), faire les pleins du véhicule, le laver si besoin (en général toutes les semaines, le lavage de véhicules étant le grand sport national après le football). Dans l’idéal, je devrais partir uniquement avec mon chauffeur en forêt mais je découvre toujours au dernier moment que j’ai 2,3 voire 5 ou 6 personnes à emmener. La répartition dans le véhicule, entre ouvriers selon des critères bien spécifiques (âge, poste et importance de la mission…) la taille n’entrant pas dans ces critères ils se retrouvent souvent à 4 grandes baraques (genre 1ere et 2eme ligne de rugby) sur la banquette arrière ! Dans un pick-up standard, là ou des européens feront rentrer 5 voire 6 personnes maximum, les Camerounais, roi de la débrouille, monteront sans aucun problème à plus de 10 ! (record personnel actuel : 16 personnes ! 2 devant, 5 derrière, 9 dans la caisse arrière, on ne va pas très vite !).


8h

Avec un peu de chance, départ pour la forêt et le chantier. environ 2h de piste par temps sec pour 100 km.


10h -11h

Arrivé sur le chantier et découverte de l’emmerdement du jour (et quand il n’y en a qu’un, c’est le bonheur) : machine immobilisé ou en panne, problèmes de routes, ouvrier(s) absent, pluies, travail demandé et pas fait, engins embourbés (et un Bull qui s’est enterré c’est pas facile à sortir !)… mais CCA ! Au cours du remontage de la pièce amenée du garage le matin même, découverte qu’il manque un élément ou que le mécano-forêt n’a pas la clé de 22 et qu’il faut donc encore retourner au garage ce soir pour lui amener le lendemain et devoir se passer du Bulldozer pendant encore une journée. Mais ca ne sert à rien de s’arracher les cheveux, CCA.


Un tour sur le parc à grumes en forêt et découverte des jolis petits morceaux de bois de la journée : un Tali de 10m3, un petit bout d’Okan de 16m 3, quelques morceaux de Sapelli et les jours de chance, un bloc de Doussié de 10 m3. Ensuite, suivi et contrôle des « Opérations » :


Sur le chantier, toutes les opérations sont répartis sur un nombre important d’ouvrier, chacun ne remplissant qu’une ou deux tâches bien spécifiques.


Afin d’accéder au chantier (situé à 60 km de la 1ere piste communale) nous créons nos propres pistes à travers la Brousse Africaine et c’est pas de la Tarte. ! Une équipe passe l’année à préparer le terrain et aidé par le cartographe à optimiser les tracés afin de créer le moins de routes possible tout en desservant un maximum de surface (amis géomètres, Bonjour !). Ici, oubliez Théodolite, Station de mesure et Photos Satellite. Tout à l’ancienne : Boussole, Clisimetre (ca mesure les pentes) et Topofil, sans oublier l’indispensable machette (au passage pour ceux qui se demandent comment dans les rebellions, tous les Africains ont des machettes, c’est simple, ici, tous mes ouvriers en ont une et même les enfants qui vont à l’école en ont une pour couper un peu de bois en rentrant. la Machette, c’est le couteau suisse de l’Afrique !). En suivant le tracé de l’équipe route, le Bulldozer, va ouvrir la forêt puis terrasser l’argile qui forme la quasi-totalité du sol du coin. On va ensuite faire passer la niveleuse, qui va mettre tout ca de niveau, et étaler la latérite (pour savoir ce que c’est, soit Wikipédia, soit vous attendez l’article sur les Pistes Africaines) qui va permettre de « durcir » la piste et de la rendre facilement roulante pour des grumiers de 70 tonnes.


(là, c'est le déforestage)

Lors de l’année précédente, tous les arbres destinés à l’exploitation ont été inventoriés et un numéro a été apposé sur chacun d’entre eux. Avant l’exploitation, une équipe s’occupe de « sortir les bois », c'est-à-dire qu’elle taille à coup de machettes des pistes reliant les troncs afin de faciliter le travail de repérage des abatteurs. Après l’abattage, et après le passage du cubeur-forêt, le tronconneur-forêt va découper la grume tombée à terre au niveau de la première branche. Le Bulldozer va alors ouvrir le passage en forêt au Débardeur 528 sur roues qui va venir chercher la grume et l’amener sur le parc. Arrivée sur celui-ci, la grume est re-tronçonnée (par le tronconneur-parc) à des dimensions commerciales (12 m de long max) et purgée de ses défauts (trous, pourriture) si besoin. Chaque bille de la grume (Une grume pouvant donner jusqu'à 3 billes) est alors cubée. Les numéros d’identification individuel sont alors marqués au marquoir et peint sur chaque face. Ces mêmes numéros ont déjà apposé sur la souche et la cime de l’arbre resté en forêt, nous permettant ainsi d’assurer une traçabilité parfaite et de pouvoir remonter à la souche depuis n’importe quel colis de bois. Les billes sont enfin entassés sur un coté du parc en attendant d’être chargés sur les camions.


Le « roulage » se déroule en général sur les parcs à grumes en production la semaine d’avant. Là, une Fourchette essaye de charger des bouts de bois pesant entre 5 et 25 Tonnes sur des petits grumiers. Quand tout va bien et que le chauffeur est en forme, il faut environ ½ heure pour qu’un camion soit chargé et prêt à partir. Quand tout va mal, passer plus de 3h pour la même chose est tout à fait envisageable.


Tout « spécialiste » (conducteur, abatteur, tronçonneur,…) étant accompagné d’un aide en formation, cela fait environ 40 personnes qui évoluent sur un chantier. Pas toujours facile à manager ! Mais CCA.


Vers 16-17h,
 Avec la tombée de la nuit, c’est l’arrêt du chantier pour les ouvriers qui rentrent dans leur camp-base et pour moi, qui me retape 2h de piste dans l’autre sens. Au passage, arrêt et discussion autour d’une petite bière (c’est mon chauffeur qui conduit !) ou d’un jus avec les chefs de village et de canton situé sur la route. On parle de la pluie et du beau temps (vrai) de Samuel Eto’o (pour ceux qui comme moi, avait du mal avec le Foot, c’est le camerounais du FC Barcelone et la Fierté de tout le Pays), du bois…


18h-19h
 
Arrivée à la Scierie, Compte-rendu et préparation du lendemain avec le Garage.


19h
 
Arrivée Maison, Diner (enfin !) puis Dodo très vite.


Mais il y a quand même des jours où on rêve un peu et on est vraiment content d'etre venu :


Bille de Pied de Moabi, volume: 40m3. Diametre Gros Bout : 2,95 m.
L'Arbre nous a donné 2 autres Billes de 23m3 et de 27m3. (Un camion pour chacune, là aussi). Devant, de gauche à droite, mon chauffeur, un technicien tracabilité, l'adjoint transport et le chauffeur du Grumier


 
Par Aldric - Publié dans : Forêt
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Lundi 20 octobre 2008 1 20 /10 /Oct /2008 12:54


Je m'excuse auprès de toutes les personnes qui passent sur ce blog et qui ne voit rien de nouveau apparaître depuis 2 mois.
La saison des pluies étant arrivé avec son lot de problèmes communs à tous chantiers extérieurs et de problèmes particuliers à l'Afrique, mes horaires de travail ont explosé et les rares moments où je suis devant mon ordinateur, c'est la connexion qui déconne. Ne travaillant malheureusement pas en ville, tout passe par le satellite et l'antenne n'aime pas la pluie et les orages!
Les billets sont donc très aléatoires et espacés, veuillez m'en excuser.


A bientôt, néanmoins.
Par Aldric
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Vendredi 15 août 2008 5 15 /08 /Août /2008 08:10

Au petit matin, découverte de la case de passage, petite maison de plain-pied en béton avec un grand salon-salle à manger et plusieurs chambres. Cette habitation est destinée à accueillir les expatriés qui viennent faire des remplacements à l'usine ou des visiteurs professionnels durant quelques jours. Il y a tout le confort et même mieux : Climatiseurs dans tous les pièces (ca parait luxueux vu de France mais c’est vraiment utile vu d’ici), 70 chaines Télé (trés pratique pour voir les JO), Cuisinière, Femme de ménage… en bref très trés bien installé... 





Apres un bon petit déj, le directeur de la Scierie m’emmène sur à l’Usine découvrir mon futur lieu de travail. La scierie est située à environ 6 Km de Djoum, soit 10 min de voiture. Il faut essayer d’éviter les différents obstacles mobiles et immobiles qui peuvent se présenter sur la piste (dans l’ordre: les trous, les crevasses, les bosses, les ruisseaux, les chèvres, les chiens, les enfants, les piétons et les motos…).

L’entrée de l’usine est occupée par un immense parc à Grumes (que de bois, que de bois…) ou le plus petit diamètre doit être 60 cm et la moyenne tourner autour de 120. On y trouve toutes les essences exploitables de la région (Sipo, Sapelli, Okan, Frake, Dibetou, Iroko, Padouk, Tali, Dabéma, Abam, Osanga, Movingui, Kossipo, Moabi, Aningré, Limbali, Eyong, et bien d’autres…). 

A coté de l’entrée de l’Usine se trouve une bille (un morceau de Tronc de Mukulungu de taille très très respectable : Longueur : 8 m, Diamètre au Gros Bout : environ 3, 25 m, Volume 52 m3, poids estimé + de 50 tonnes !! Actuellement bloqué sur le Parc car aucune grue du Port de Douala n’est assez puissante pour le monter sur un navire !!! Ce Mukulungu abattu avait fourni 2 autres billes de dimension très honnêtes aussi (+ de 20 m3 chacune) ce qui portait l’Arbre abattu à plus de 100 m3 à l’aise. (Pour vous donner une idée, en France, un gros Epicéa fait 3-4 m3 et le jour où on a abattu un chêne de 12 m3, on en à fait un article dans les journaux !).

Malheureusement pour ceux des lecteurs qui se raccrocheraient aux 2 seules essences africaines qu’ils connaissent, on ne trouve ni Ebène (interdit sauf pour les populations locales) ni Acajou (interdit dans la zone).


 
La Scierie en elle-même est assez grande, la quasi-totalité des machines étant abrités sous 2 grands hangars. La scierie fait principalement de l’avivé de courtes longueurs (1-3 m environ) destiné à l’export par conteneur. Quelques sous-produits, sont ré-usinés pour le marché local.


Parlons technique (touristes, étudiants en lettres, citadins indécrottables, passez votre chemin) : 2 scies de tête: une Gillet 1800 & une Primultini 1600, des grosses bêtes pour avaler des gros bois, mais pas très long ; 11-12 m max. 2 lignes de délignages (simple lame) et dans un bâtiment joint, une ligne de reprise et de récupération avec re-déligneuse, raboteuse…. Un atelier d’affutage bien équipé avec une Stelliteuse (engin qui dépose sur les lames réaffutés un petit bout de Stellite, acier très résistant, afin que les dents soient plus résistantes) obligatoire dans les essences que travaille la scierie (les lames sont changés en général toutes les 4h, comme dans nos cher scieries Savoyardes, mais dans certaines essences, (Okan notamment) il faudrait presque la changer après chaque grume) Scierie somme toute classique.

Plus exotique, à proximité de la scie de tête, une Scie de refente, permettant de monter sur les bâtis de scie de tête, des très très gros bois (200 cm et +) en les pré-découpant en 2 ou + parties. Nécessaires pour les Billes de pied où les contreforts (les « pattes » élargies à la base de l’arbre) peuvent multiplier le diamètre à la base par 2 ou 3. Permet donc d’utiliser au maximum le bois des essences intéressantes en limitant les déchets.


Le rendement matière n’atteint cependant pas les chiffres des scieries européennes. En effet, les bois sont rarement cylindriques, les aubiers (pour les non-initiés : la partie du bois entre le bois « dur » et l’écorce, plus « tendre » que le bois dur, elle n’est pas utilisable pour faire de planches) sont tres importants ainsi que le cœur du bois (sujet à des tensions le faisant se voiler et empêchant son utilisation) qui est de taille importante ou même pourri, obligeant à de nombreuses ablations. Ainsi le rendement final va rarement dépasser les 30%...


Par contrat lors de la création de l’Usine, les villageois ont le droit de récupérer les déchets de bois produits par l’Usine. Toutes les dosses, chutes de délignage, etc sont entassés derrière l’Usine à la disposition des villageois. Ceux-ci les réutilisent pour construire leurs habitations, ce qui fait que l’arrondissement de Djoum doit être le seul a avoir des cases entièrement faite en Padouk et Moabi , essences noble et de luxe par excellence !


Certains villageois ont aussi développé une industrie parallèle, en récupérant tout les déchets de bois possible et en construisant de fours à Charbon. Installation titanesque d’entasser des centaines de planches bien serrées sur 7 à 8 m d’épaisseur, et 15 m de long. Le Tout est recouvert de terre et mis à bruler pendant 1 mois sous surveillance, avant d’être éteint et mis en sacs qui sont vendus jusqu'à Sangmélima (à 110 km).

La Scierie est le seul opérateur economique d'importance (ca fait tres document d'aménagement de l'Etat ces mots) de l'arrondissement de Djoum, lui même étant grand comme 2 ou 3 départements francais. Elle emploie environ 200 personnes et en fait vivre environ 7 à 20 fois plus.

Par Aldric - Publié dans : Forêt
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Jeudi 7 août 2008 4 07 /08 /Août /2008 22:00

 

Au petit matin, j'ai rendez vous donc au siège de ma société à Douala. Apres quelques remplissage de papiers et explication diverses, départ pour Djoum via Yaoundé & Sangmélima.


Mon chauffeur s'appelle Philipe, au volant d'un pick-up Nissan Hardbody, très bien, très rapide mais avec des suspensions un peu en fin de vie rendant la route assez sautillante!  

 









La sortie de Douala sur l'Axe Lourd (nom de la route reliant la Capitale économique à la Capitale Politique) est très longue et nous fait traverser pendant prés d'une heure au milieu des bouchons une zone de commerces/bar/vendeurs à la sauvette/un peu de tout...

 

En ville, il est visiblement autorise de doubler par tous les cotés et même de remonter les files par les bas-côtés, c'est tellement plus rapide! Le clignotant est par contre totalement accessoire !

Léger moment de frayeur quand surgissent de la droite et de la gauche, les motos Chinoises 125cm3 chargés de 2,3 voire 4 personnes (avec les bagages)!!  Au bout d'un moment, on s'y fait mais on n'est toujours pas rassuré pour autant.

 

Sortie de Douala, la route se vide et il est possible de rouler facilement et vite (jusqu'a 145 km/h à l'aise!!). Surprise, le goudron est de très bonne qualité et l'état de la route, et ce jusqu'a Sangmélima, rivalise largement avec pas mal de nos Nationales françaises. Juste la peinture qui part un peu. Il s'agit d'une 2 voies classique avec une voie de + pour les véhicules lents dans les montées.


Comme nous sommes dans un véhicule relativement puissant avec un bon klaxon (très importants le klaxon, on s’en sert souvent !) nous n’avons aucun mal à doubler (aussi bien en ligne droite que dans les virages ou en haut d’une cote !!) les nombreux camions/minibus/taxi qui empruntent l’axe et qui roulent doucement.

Le seul danger réel vient de ces mêmes véhicules mais quand ils sont en panne. En effet, le conducteur Camerounais a tendance à rester là où il est tombé en panne sans se soucier du danger de sa position. Tomber sur un 38 Tonnes arrêté, au milieu de la voie, pile en sortie de virage demande de bons réflexes et de bon freins pour l’éviter (malheureusement ce n’est pas le cas de tous les conducteurs Camerounais).

Le Triangle de sécurité est ici remplacé par une technique assez originale : ils arrachent des touffes d’herbes qu’ils déposent sur le bord de la route 30 ou 40 mètres en amont de l’accident. Quand on est au courant, de jour c’est pas mal, de nuit c’est par contre totalement illusoire !

 

A Edéa, nous passons sur la Sanaga, le grand Fleuve du Cameroun et nous longeons le Pont de Fer des Allemands construit au début du siècle dernier quand ils étaient encore les colonisateurs du Kamerun avant que le pays ne soit cédé aux Français et Anglais aux titres des Dommages de Guerre en 1922 (Ach, les aléas des Konflits !). Le Pont est toujours debout mais ne sert plus que pour les piétons et les motos.

 

Centre de Douala-Yaoundé : 240 Km, 3h30

 

Arrivé à Yaoundé, rentrée dans la ville pour atteindre l’ambassade de France et sa Mission Economique. En effet en tant que représentant de la puissance industrielle française à l’étranger, je dois aller remplir tout plein de petits papiers signalant que je suis prêt à faire gagner plein de sous à notre Chère Patrie.

 

Yaoundé est construite (comme Rome) sur 7 collines. En clair, dans la ville ca monte et ca descend de partout. On retrouve à l’entrée les mêmes bouchons provoqués par les mêmes boutiques et les mêmes vendeurs à la sauvette qu’à Douala. On a même droit au « mange-mille » (surnom local des policiers) qui nous reproche d’avoir des bagages dans la cabine ! Il repartira avec son petit billet de 1000 Franc CFA (env. 1,5€). La ville est remplie par les taxis jaunes en plus ou moins bon état (ca va du « refusé au contrôle technique » au «  miracle ambulant ») indiquant sur leur plaque arrière « 5 places – 60 Km/h ». Indication totalement incompréhensible car ils sont au minimum 7 ou 8 dedans et ils atteignent difficilement 50 à l’heure dans les descentes.

En direction de Sangmélima, on retrouve les mêmes villages au ras de la route, avec les véhicules qui passent à fond la caisse à 5 m des maisons et des habitants.

Devant chaque maison, on trouve un petit banc, sur lequel est proposée la production locale. Malheureusement il s’agit toujours du même produit sur la même zone. C'est-à-dire pendant 5 km que des vendeurs de bananes puis pendant 10 km uniquement de l’huile de palme, puis 6 km d’arachides ou 5 km d’instruments de musique… La polyculture n’est pas encore très développée.

Tous les 60 km environ, il y a un péage de 500 Francs CFA (0,75€) pour contribuer à l’entretien de la route. De nombreux vendeurs profitent de l'arrêt pour vous proposer la production nourricière locale.

On croise quelques Zébus (mot compte triple!).

Arrivée à Sangmélima et avant d'attaquer la partie "sport" du trajet, petit arrêt-Coca dans cette petite ville bien achalandé et achat de matos pour l'Usine.

Yaoundé-Sangmélima : 190 Km, 2H

 

Apres Sangmélima, à la tombée de la nuit (18h) fin du goudron et découverte de la piste Africaine. Les premiers kilomètres peuvent être éprouvants mais on s’y fait et on arrête d'arracher la poignée de la porte puisque de toute facon on est toujours autant secoué!

Il faut juste se faire à l’idée que la route ne sera jamais plate, ni droite, qu’il n’y a qu’une voie qui évolue de la gauche à la droite de la piste  suivant les trous, que le plus gros et le plus rapide à toujours raison (ordre de priorité : camion-grumier/ camion/ pickup 4x4(nous)/ minibus/ voiture/ moto/ piéton/ chèvre, toute approche d’un véhicule hiérarchiquement plus élevé que vous, vous obligeant à vous précipiter dans le fossé et à y rester le temps qu’il passe ou vous double), que les piétons entre-aperçus à la lueur des phares sont suffisamment lestes pour sauter dans les fossés pour vous éviter et que les poules du coin sont sans doute des autruches car les trous dans la piste sont de taille conséquente !
Sebastien Loeb peut venir, les chauffeurs Africains sont redoutables (dans tous les sens du terme!) sur piste!

(si vous ne voyez rien sur l'image c'est normal, nous non plus en roulant, on voit pas grand-chose! 
Juste, la tache blanche c'est un pieton qui se range dans le fossé à environ 40m de la voiture! vitesse actuelle env. 110 Km/h ; Question: dans combien de temps la voiture va t'elle le frôler?)
 

Sangmélima-Djoum : 110 Km, 2H30

 

Et ca y est arrivé dans le petit village de Djoum, un peu endormi (comme moi !) vers 21 h.

Accueilli à la case de passage par 2 expatriés venant pendant les vacances faire des remplacements à la Scierie et au Garage de la Société.

Apres 8h de voiture, vais faire un petit dodo bien mérité et irai admirer le pays un peu plus tard.

 

Par Aldric - Publié dans : Trajet
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Jeudi 7 août 2008 4 07 /08 /Août /2008 08:00

Et voila, ca y est, C'est Parti!
Direction Djoum via Douala, 6h de vol prevu.

C'est sans compter sur le fait que votre avion va sans doute tomber en panne (2h de retard), obligeant Air France à vous proposer de commencer votre voyage en... Bus!


Voyage Nickel, ayant réussi à negocier une place pres du Hublot, j'ai pu voir et admirer d'en Haut la Mediterranée (Trés Monotone), le Sahara (beaucoup plus joli) et la zone Tropicale (et les superbes nuages qui la dominent sur plusieurs centaines de metres.). Malheureusement, à cause de nos amis les terroristes, il m'a été impossible de négocier une visite en cabine (pas grave, reaisserai dans 6 mois!).

Au menu du vol en classe Eco: Apero (3 biscuit sec soit disant aux olives) Poulet au riz, dessert au chocolat tres correct. L'avantage d'Air France c'est que les films en vol sont ceux qui viennent de sortir au cinema:. Iron Man (pas mal, bon film d'action) et Narnia II [moins bien que le I, (pléonasme ?)].

Apres un vol avec quelques turbulences au dessus du Nigeria (les passagéres qui s'affolent sont particulierement éprouvantes!) arrivée sans problême à Douala Airport (photo ci dessus). Aéroport de la capitale économique du Cameroun et donc relativement bien équipé. Le truc surprenant est qu'on ne voit aucune urbanisation avant d'atterir et qu'on se pose donc au mileu d'une superbe prairie au milieu de nulle part.

Là, comme votre Société est quand même bien organisée, il y un spécialiste des passage de frontiere qui vous attend à l'arrivée et qui vous permet de passer devant une foultitude de gens qui attendent pour faire verifier leur visas.  
Apres ça malheureusement, il faut aussi esperer que vos bagages sortent rapidement et ensemble sinon vous pouvez compter sur une petite moyenne de 2h d'attente pour commencer à vous diriger vers le controle des bagages. Mais la aussi, il faut avoir le bon porteur qui est de méche avec le douanier et hop, pas de controle! (notez qu'a moins que le Fromage de Salers et le Saucisson Sec soient considérés comme dangereux à l'importation, je risquais pas grand chose).

Comme il est quand même 21h pour vous (20h heure locale) et que la nuit est tombé depuis un petit moment déja (eh oui, y'a pas de saison, ici c'est bien equitable toute l'année: 12h de nuit/12h de jour) on vous ammene à la Case de Passage (pour Clémence P. : le terme case est ici le terme standard pour designer une maison ou un appartement, pas forcement une cahute en terre!) qui se trouve etre un immeuble dans la banlieue de Douala.

Et le Matin, au réveil, premieres visions du Cameroun, un peu différentes selon que l'on regarde par la fenetre de gauche ou de droite:


Bon maintenant, départ pour le Bureau de la Société à Douala, pour savoir comment se passe la suite...
Par Aldric - Publié dans : Trajet
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Samedi 2 août 2008 6 02 /08 /Août /2008 00:00

Après prés d'un mois de préparatifs, à courir partout dans Paris et ailleurs pour préparer le voyage, on commence à voir la fin des préparatifs (la fin du Commencement ou le début de la faim, au choix)

 Petit Trucs en Vrac:

- Les Vaccins c'est cher! Compter environ 55 € pour la Fièvre Jaune (Obligatoire, c'est juste un petit peu mortel comme maladie tropicale) + 30-40 € pour les rappels de vos vaccins de quand vous étiez petit et que vous avez oublié de refaire. Le pire étant le Vaccin contre la Rage, qui s'injecte en 3 prises (à J, J+7 et J+22) à raison de 40 € l'injection! Ce dernier n'est pas obligatoire pour les touristes, mais recommandé pour les personnes au contact de nos amis les animaux et isolé. Je ne suis pas trop isolé mais en pleine forêt, j'ai peu de chance de croiser uniquement des singes vaccinés et tatoués donc piqûre! (Pour les douillets: les aiguilles sont fines donc pas douloureuses).

- Il est très difficile de trouver des vêtements adaptés à la Forêt Equatoriale. En effet, dans l'idéal, ceux ci devraient être:
      - Etanche, (il pleut en moyenne 3000 mm/an dans le Sud Cameroun, à comparer avec les 600-1100 mm annuel en France.)
      - Léger, (il fait entre 18 et 30°C toute l'année. Les Moon Boots et les Polaires sont peu usités au Cameroun.)
      - Résistant, (Tous les forestiers qui auront essayé de travailler avec des vêtements qui se déchirent à la 1ere ronce me comprendront)
      - Respirant, (Travailler en se baladant dans un sauna personnel, écrit comme ça ça fait très chic, mais dans la réalité, c'est très vite insupportable)
      - Pas cher, (il me faut des vêtements pour 6 mois, éviter d'exploser son budget sur la première chemise peut être utile).

  Et des vêtements qui sont tout ça à la fois, ben c'est très dur à trouver, voir impossible. Donc en jonglant entre le Vieux Campeur (Vêtements très bien mais cher, et le Vieux ne connaît pas le sens du mot « Soldes ») et Décathlon ou équivalents (nettement moins cher mais c’est jamais parfait) on arrive à trouver mais c'est très long (je ne comprends toujours comment la gente féminine fait pour aimer le shopping!).

-Expédition des Bagages. Partant en VIE, UbiFrance (l'Organisme d'Etat qui grâce à vos impôts (ou ceux de vos Chers Parents) va pouvoir m'indemniser) m'octroie généreusement 150 Kg de Bagages. Ca à l'air assez peu mais au final, si on n'emporte que des vêtements, quelques nécessaires (crème Solaire indice 50, insecticides en quantité + médocs) et quelques bouquins (suite à un sondage sur les livres à prendre avec soi, la Bible est apparu nettement en tête, devant quelques Thrillers divers) c'est largement suffisant à l'aller. Le probleme reste de les expédier.
Il y a plusieurs solutions pour l'expédition, Le Colis en Fret Aérien, Le Fret Maritime, le Bagage Accompagné. Le 1er est intéressant si vos colis pèsent plus de 70kg et est assez rapide (4 jours environs), le 2eme est le moins cher mais il faut s'y prendre à l'avance (1 mois de voyage), le 3eme consiste à se présenter à l'aéroport avec vos cantines le jour du départ et à payer les surcharges de poids (>23Kg env.) et de dimensions (>150 cm cumulés). C'est ce dernier qui est paradoxalement le moins cher si les colis font moins de 70 kg au Total.

Voila, apres, il ne vous reste plus qu'a attendre votre visa, en espérant que le pays d'accueil soit en bon terme avec la France et qu'il ne s'amuse pas à faire de l'obstruction pour le plaisir.  Sinon vous tentez le coup de partir sans visa en esperant que à la recuperation, il s'entendent bien avec les Douaniers du Coin pour vous faire passer sans trop vous poser de questions.

A bientot donc, depuis mon bureau ou le fond d'une cellule Camerounaise... (Note qu'il doivent pas avoir Internet en Prison, là bas)

Par Aldric - Publié dans : Avant le départ
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Vendredi 27 juin 2008 5 27 /06 /Juin /2008 10:40

Et voila, aujourd'hui, je pose ma dém' et dans un mois, je pars au Cameroun. Embauché par la Société /.-./---/..-/--./.././.-.// comme VIE sur un chantier d'exploitation forestiere en Afrique profonde.

Apres 3 années d'etudes forestieres et 9 mois de travail dans cette bonne ville de Paris, je pars.

La Société /.-./---/..-/--./.././.-.//, bien aimée de nos amis de  /--./.-./././-./.--././.-/-.-./.// et autre "/.-/--/../...//-.././/.-../.-//-/./.-./.-././/", spécialisée dans l'exploitation, la transformation et l'importation des Bois Tropicaux m'envoie donc à Djoum gérer des chantiers de bucheronnage et d'extraction des grumes afin d'alimenter la scierie qu'exploite le Groupe dans la ville.

Un peu isolé au milieu de nulle part (voir photo aérienne), dans la province du Sud-Cameroun,  à plus de 6 h (ou 12h ca dépend des evenements) de route de Yaoundé c'est néanmoins un gros patelin, car il s'agit d'une sous prefecture. Avec mairie, hopital, caserne, église et prison....

La route (une piste appelé pompeusement "nationale 9" ) arrive  de Sangmélima, à 110 Km, au Nord-Ouest.
Il faut visiblement 3h pour couvrir cette centaine de Kilometres, ce qui en dit long sur l'etat de la Piste.


Pour l'instant, c'est tout. Je pars me faire vacciner contre à peu prés tout ce qui peut passer comme petits virus marrants dans le coin (la rage n'étant pas le pire!) et je vous raconterai la suite plus tard.


Ps: Je m'excuse pour le Morse, mais une indexation malheureuse dans Google me conduit à supprimer tous les noms en clair. Et puis vous reviserez un peu comme ça!
Par Aldric - Publié dans : Avant le départ
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